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Vie privée de Louis XV ou Principaux événements, particularités et anecdotes de son règne (1781). Par Mouffle d'Angerville. Première édition, interdite en France. Ornée de 9 portraits. Histoire la vie intime du roi Louis XV, notamment ses amours avec la marquise de Pompadour et Madame du Barry. Agréable exemplaire conservé dans son cartonnage de l'époque.

 

MOUFFLE D'ANGERVILLE (Barthélemy François Joseph Mouffle ou Moufle, dit)

 

Vie privée de Louis XV ou Principaux événements, particularités et anecdotes de son règne.

 

A Londres, chez John Peter Lyton, 1781

 

4 volumes in-12 (17 x 10,7 cm) de VIII-398, (4)-403, (4)-402 et (4)-391 pages. Avec 9 portraits hors-texte.

 

Cartonnage plein papier à la colle caramel, dos lisses avec filets dorés, pièces de titres et tomaisons en papier citron et olive rehaussées de roulettes dorées. Quelques usures sur les coupes, coins, mors et extrémités des coiffes, le tout sans gravité. Intérieur frais. La reliure est solide est décorative.

 

Première édition (d'après l'avertissement de l'éditeur John Lyton).

 

Il existe au moins deux tirages différents à Londres chez John Lyton à la date de 1781. Chacun des tirages possède sur le titre du premier volume une vignette qui authentifie l'impression. Seule une seule édition (la nôtre) semble posséder au verso du premier titre un paragraphe rédigé en anglais signifiant que les exemplaires non revêtus de cette vignette et sans les portraits ne sont pas authentiques (John Peter Lyton, 1 of December 1780).

 

Cette Vie privée de Louis XV est un exposé des comportements intimes du roi Louis XV et de son entourage. L'auteur se concentre moins sur les aspects politiques de son règne que sur ses relations personnelles, notamment avec ses favorites et son goût pour le plaisir. Mouffle d’Angerville dresse un portrait peu flatteur du roi, le dépeignant comme un souverain débauché, détaché de ses responsabilités, et manipulé par les femmes de son entourage, notamment Madame de Pompadour et Madame du Barry. Il met en avant la vie secrète du roi, ses amours, ses intrigues amoureuses et ses excès, en insistant sur la dégradation morale de la cour. Il aborde également l’existence du Parc-aux-Cerfs, où le roi aurait entretenu de jeunes maîtresses.

 

L’ouvrage de Mouffle d’Angerville, qui connut un immense succès de scandale, oscille entre récit historique et pamphlet, mêlant faits avérés, exagérations et rumeurs pour dresser un portrait accablant de Louis XV. Bien plus qu’une simple chronique des mœurs de la cour, il participe activement au discrédit de la monarchie en révélant les excès et la dépravation du souverain. En insistant sur les intrigues amoureuses et la corruption morale du roi et de son entourage, l’auteur alimente un climat de défiance à l’égard du pouvoir, préfigurant les critiques qui s’intensifieront à la veille de la Révolution française. Toutefois, si ce témoignage est révélateur des tensions politiques et sociales du XVIIIe siècle, il doit être appréhendé avec prudence, tant son caractère polémique et sa propension à la dramatisation limitent sa valeur historique objective.

 

Si tout n'est pas vrai et vérifiable dans ces quatre volumes, outre les médisances et potins de la cour de Louis XV et de ses frasques, on y trouve un grand nombre de documents intéressants réunis pour servir à cette histoire. On y trouve également plusieurs documents intéressants l'histoire du Canada et des États-Unis d'Amérique. Cet ouvrage propose également une discussion approfondie sur John Law (accompagnée d’un portrait gravé), la Compagnie du Mississippi, la guerre de Sept Ans et inclut de nombreux mémoires et documents, tels que : Mémoire pour le Sieur Comte de Broglio au sujet des Colonies françaises de l’Amérique, Mémoire de ce qui nous est arrivé à Louisbourg depuis le 20 juin 1757, Copie d’une lettre écrite du Québec le 10 août 1757 au sujet des affaires qui se sont passées dans le Canada, Lettre écrite de Québec le 17 août 1757 au sujet de la prise et de la capitulation du fort George, etc.

 

La vie de Mouffle d'Angerville (1728-1795) est aventureuse et peu connue par le détail. Né à Guéret il vient s'installer à Paris. Il est receveur des tailles. En 1740, il hérite de son oncle et parrain Barthélemy, prêtre à la Sorbonne. Cinq ans plus tard, il reçoit des lettres d’émancipation et intègre l’administration de la Marine en tant qu’écrivain, grâce aux puissantes relations familiales. Il se fait aussi recevoir avocat pour obéir aux injonctions de Maurepas. Mais le démon de l’écriture ne le quitte pas et avec un de ses compatriotes Rochon de Chabannes, il publie clandestinement un petit ouvrage licencieux Les Cannevas de la Pâris qui leur vaut, malgré l'anonymat, un bref séjour à la Bastille (1750). Il est nommé élève de la Marine à Rochefort puis écrivain ordinaire de la Marine. Il embarque lors de la campagne de Louisiane puis les choses se passant mal pour lui il renonce finalement à la Marine. On le retrouve dans les années 1770 collaborant avec Pidansat de Mairobert (lui aussi un ancien écrivain de la Marine) pour son Journal historique, puis dans les Mémoires secrets dits de Bachaumont. En 1781, il est arrêté par le lieutenant de police Lenoir alors qu’il loge chez sa parente Mme de Mouffle de Champigny, rue de Berri (actuel n° 33 rue de Charlot). Expédié encore une fois à la Bastille, son séjour ne dure que quelques semaines et il parvient même à recouvrer les documents confisqués. Sa Vie privée de Louis XV, ou principaux événements, particularités et anecdotes de son règne, imprimée à Londres et interdite par la censure française, est réimprimée à Neuchâtel, possession du roi de Prusse : elle est diffusée clandestinement en France avec un grand succès. Une traduction allemande faite à Neuchâtel est vendue librement en Allemagne malgré quelques piques contre Frédéric II, la censure prussienne ayant seulement exigé le retrait de quelques passages concernant la « guerre des pommes de terre » entre l'Autriche et la Prusse. On lui attribue un texte contre-révolutionnaire Adresse aux princes… publié par M. de Sanois en 1792. Il meurt le 15 mars 1795 dans une relative misère rue du Colombier (actuelle rue Jacob) à Paris et ses héritiers (des cousins Mouffle du côté de son père, des cousins Keingiaert1 du côté de sa mère) se disputent de bien maigres restes.

 

Agréable exemplaire en cartonnage d'époque.

Vie privée de Louis XV par Mouffle d'Angerville (1781). Pompadour | Du Barry

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