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Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]. La Famille vertueuse. Lettres traduites de l'anglais par M. de la Bretone. A Paris, Chés la Veuve Duchesne, 1767 [de l'imprimerie de Quillau]. 4 parties en 2 volumes in-12 reliés pleine basane de l'époque. Premier ouvrage de l'auteur. Celui par lequel tout a commencé.

 

Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]

La Famille vertueuse. Lettres traduites de l'anglais par M. de la Bretone.

A Paris, Chés la Veuve Duchesne, 1767 [de l'imprimerie de Quillau]

4 parties en 2 volumes in-12 (17 x 10 cm) de XXXVI-251, 288, 300 et 299-(13) pages.

Reliure de l'époque pleine basane fauve marbrée, dos à nerfs ornés, pièces de titre dorées sur papier beige, pièces de tomaison dorées sur papier vert, tranches rouges. Quelques réparations aux reliures qui sont encore solides et décoratives. Intérieurs très frais (voir photos).


Edition originale.

Tirage à 2.000 exemplaires.

Premier ouvrage de l'auteur. Celui par lequel tout a commencé.

"J'entrai, dit Restif, chez F.-A. Quillau pour régir son imprimerie, vers le 2 juillet 1764 ... Je remplis mon devoir comme aucun prote de Paris ne l'a rempli ... Je réussis, à force de travail et d'exactitude. Je montai, en trois années d'administration, son imprimerie de quatre à douze presses ... Tous mes moments de loisir, sous la charge accablante de soixante-six ouvriers, furent employés à la composition de mon premier ouvrage, intitulé la Famille vertueuse [...]" (Monsieur Nicolas, éd. Liseux, IX, p. 195-196).

"Je vendis la Famille vertueuse à la dame veuve Duchesne, quinze livres la feuille ; l'ouvrage en fit cinquante et une ; et je me crus très riche ! Jamais si grosse somme ne m'avait appartenu. On imprima, sous ma double direction de prote et d'auteur, chez F.-A. Quillau, dans les six premiers mois de 1767, mais l'ouvrage ne parut qu'à la Saint-Martin ... [...] J'avais achevé le manuscrit de la Famille vertueuse, avec la fin de 1766 ... on commença l'impression le 20 janvier 1767. J'étais ivre de joie de me voir imprimer. Les quatre volumes furent achevés au mois de mai ... je résolus de me consacrer tout entier à la littérature. [...]" (Monsieur Nicolas).


"Tous les romans de Restif ont une base et une muse. Il disait dans la Revue des ouvrages de l'auteur (p. CLXX-CLXXI) :". Tous ses romans, dont on va parler, ont un fond vrai (c'est leur principal mérite), qu'il a été obligé d'altérer légèrement ... La Famille vertueuse est le premier de ses ouvrages qui ait vu le jour ... Ce roman, qui n'est pas traduit de l'anglais, comme le titre l'annonce, présente d'abord l'histoire véritable d'un négociant de Lyon, déguisé sous le nom de sir Kirch. Henriette, fille de cet homme, eut réellement de M. Dulisse [Rétif] une fille nommée Léonore, etc. Les historiettes rapportées dans ces quatre parties sont des aventures bourgeoises arrivées à Paris, à l'exception de celle de Laurenza, fille du jésuite Lamas, qui est espagnol, et que l'auteur tenait d'un neveu de ce jésuite. Tout l'ouvrage ne respire que la vertu. L'orthographe, qui est conforme à la prononciation, fit tort à la vente." D'autre part, il ajoute : "Je n'ai jamais pu me soumettre à l'orthographe ordinaire ; je l'ai plus ou moins contrariée toute ma vie." (Mes ouvrages, p. 4-8) Sa muse fut Mlle Rose Bourgeois qui lui donna le courage d'écrire. "En 1766, au moyen de l'énergie que Rose m'avait donnée et de la honte que je ressentais, qu'une ex-blanchisseuse comme la lyonnaise Benoit fit des romans que je n'aurais pas faits, je me mis à composer la Famille vertueuse." (J. Rives Childs, p. 198).

"Cet ouvrage, publié sans nom d'auteur, fut tiré à 2,000 exemplaires et n'a pas été réimprimé, ni contrefait. Il en restait encore des exemplaires, en 1784, lorsque Restif rédigea la Revue des ouvrages de l'Auteur, pour faire suite aux Figures du Paysan perverti. Il expliquait alors la lenteur de la vente de son livre, en disant : « L'orthographe, qui est conforme à la prononciation, fit tort à la vente. » (P. Lacroix, p. 80

Provenance : de la bibliothèque d'Emmanuel Sazerac (1715-1786), écuyer, sieur du Maine-Blanc, Conseiller et secrétaire de la maison couronne de France et de ses finances, receveur de la maîtrise des eaux et forêts. Il était né en 1715. Mort le 4 octobre 1786 à Angoulême en la paroisse du Petit-Saint-Cybard à l'âge de 71 ans. Il fut reçu receveur de la maîtrise des eaux et forêts en 1748. Il fut également juge consul, conseiller du roi et échevin d'Angoulême. Il est également dénommé marchand bourgeois dans dans sa généalogie.


Références : J. Rives Childs, Restif de la Bretonne. Bibliographie. p. 197-198 ; P. Lacroix, Bibliographie des ouvrages de Restif de la Bretonne, p. 78-81

Très bon exemplaire du premier ouvrage de Rétif de la Bretonne qui ne fut ni contrefait ni réimprimé.

Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]. La Famille vertueuse (1767). EO

1 450,00 €Prix
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