TOLSTOÏ (Comte Léon) | Les rayons de l'aube (dernières études philosophiques). Traduit du russe par J.-W. Bienstock. Paris, P.-V. Stock, 1901 [de l'imprimerie de A. Pichat à Châtillon-sur-Seine]. Edition originale. Un des 10 exemplaire tirés à part sur papier de Hollande et paraphé par l'éditeur P.-V. Stock. Rarissime et précieux volume.
TOLSTOÏ (Comte Léon) | J.-W. Bienstock, traducteur | P.-V. Stock, éditeur
Les rayons de l'aube (dernières études philosophiques). Traduit du russe par J.-W. Bienstock.
Paris, P.-V. Stock, 1901 [de l'imprimerie de A. Pichat à Châtillon-sur-Seine]
1 volume in-18 (19,5 x 13 cm) broché de 414 pages. Exemplaire non coupé, resté broché à toutes marges tel que paru. Les plats de la couverture rouge imprimée sont présents avec quelques minimes défauts (voir photos). La couverture (très fragile) se détache (premier plat). Le dos du volume n'est pas fendu et solide (papier de couverture du dos uniformément passé). Intérieur très frais imprimé sur beau papier de Hollande.
Edition originale.
Un des 10 exemplaire tirés à part sur papier de Hollande.
Exemplaire numéroté 10 à la plume et paraphé par l'éditeur P.-V. Stock.
Cet ouvrage est le n°30 de la Bibliothèque Sociologique publiée par P.-V. Stock. Il regroupe plusieurs textes philosophiques de Léon Tolstoï issus de ses derniers écrits. À cette époque de sa vie, Tolstoï s’éloigne de la littérature de fiction pour se consacrer à une réflexion éthique et religieuse très marquée par le christianisme primitif, l’ascétisme, la non-violence et une critique radicale de l’Église institutionnelle, de l’État, et de la société moderne. Voici la liste des chapitres : I. — Le chrétien et l’État I. — Lettre au directeur d’un journal allemand p. 1 II. — Lettre aux libéraux p. 7 III. — Lettre au directeur d’un journal anglais p. 27 II. — Sur la non résistance au mal par la violence. (Trois lettres) p. 35 III. — Post-face de la brochure « Au secours » p. 67 IV. — Deux guerres p. 77 V. — À propos du Testament Nobel p. 87 VI. — Lettre aux Doukhobors émigrés au Canada p. 95 VII. — Carthago delenda est p. 107 VIII. — Lettre à un sous-officier p. 121 IX. — L’approche de la fin p. 133 X. — À propos de la Conférence de La Haye p. 151 XI. — À propos de la guerre du Transvaal p. 163 XII. — Comment lire l’Évangile p. 169 XIII. — Ce que veut l’amour p. 177 XIV. — Du sens de la vie p. 187 XV. — Du suicide p. 191 XVI. — De l’éducation religieuse p. 195 XVII. — De la tromperie de l’Église p. 203 XVIII. — C’est la honte p. 215 XIX. — Nicolas Palkine p. 225 XX. — À propos de l’assassinat du roi Humbert p. 241 XXI. — Patriotisme et gouvernement p. 253 XXII. — L’esclavage contemporain p. 291 XXIII. (plus de 100 pages) — Où est l’issue ? p. 393.
La Nouvelle Nicolas Palkine, écrite en 1887, paraît pour la première fois à Genève, dans l'édition de M. Elpidine en 1891 ; elle est traduite en français en 1901 (dans ce volume). Elle paraît pour la première fois en Russie en 1910 dans les Œuvres posthumes. Elle est absente de l'édition soviétique de 1958 en douze volumes. Le récit de Léon Tolstoï s'inspire d'un fait réel. En effet celui-ci avait fait la connaissance d'un paysan nonagénaire qui avait servi pendant vingt-cinq ans sous Alexandre Ier et Nicolas Ier. Le titre Nicolas Palkine est le surnom donné au tsar Nicolas Ier en raison de son caractère autoritaire, palka signifie le bâton en russe.
« […] C’est pourquoi je ne suis pas d’accord avec vous et ne puis blâmer les armes aveugles de l’ignorance et du mal. Mais je vois la cause du mal dans telles choses, que je puis moi-même aider à le détruire ou à l’augmenter. Contribuer à l’égalité fraternelle des biens ; profiter le moins possible des avantages que le sort m’a alloués ; ne participer aucunement dans l’œuvre militaire ; détruire cet hypnose sous lequel les hommes se transforment en assassins gagés pensant accomplir une bonne œuvre en faisant le service militaire ; et principalement professer la sage doctrine chrétienne en s’efforçant de détruire cette tromperie cruelle de christianisme mensonger, dans lequel, par force, s’élèvent les jeunes générations. Il me semble que cette œuvre triple renferme le devoir de tout homme qui veut contribuer au bien et qui est justement révolté par cette guerre terrible qui vous a vous-même révolté. » (extrait du chapitre intitulé À propos de la guerre du Transvaal).
Un second volume d'études philosophiques parait la même année dans la même Bibliothèque Sociologique (n°31) chez P.-V. Stock sous le titre Paroles d'un homme libre.
À la fin de sa vie, Tolstoï est devenu une figure quasi prophétique en Russie et en Europe, prônant un christianisme libéré de toute autorité ecclésiastique. Les Rayons de l’aube reflète cet idéal spirituel et moral. Ce recueil est un livre de sagesse. Tolstoï traverse une crise existentielle profonde dans les années 1870, après le succès d’Anna Karénine. Il se sent vide, au bord du suicide, et commence une quête de sens. La philosophie que développe alors Tolstoï est radicale, éthique, spiritualiste et profondément anti-institutionnelle. Il ne cherche pas à construire un système abstrait, mais à vivre la vérité dans chaque geste de la vie quotidienne. Il rejette l'état, l'armée, le luxe, la propriété privée, etc. Il prône avant l'heure la désobéissance civile, l'antimilitarisme, etc. Ces idées profondes et fortes de convictions influenceront les penseurs de la non-violence que furent Gandhi et Martin Luther King.
Lire Tolstoï et ses études philosophiques, c’est entrer dans une quête radicale de vérité intérieure, où chaque mot appelle à dépouiller la vie de ses illusions pour ne garder que l’amour, la justice et la simplicité.
Rarissime tirage de luxe sur papier de Hollande paraphé par l'éditeur P.-V. Stock, éditeur engagé des anarchistes, des réformateurs et des révolutionnaires sociaux (Kropotkine, Jean Grave, Elisée Reclus, etc.)
Aucun autre exemplaire sur papier de Hollande n'a pu être répertorié.
Précieux volume non défloré.
A rare and exceptional copy.
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8 500,00 €Prix
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