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Gatien Courtilz de Sandras | Mémoires de Mr. d'Artagnan, Capitaine Lieutenant de la première Compagnie des Mousquetaires du Rois contenant quantité de choses particulières et secrettes qui se sont passées sous le Règne de Louis le Grand. A Cologne, chez Pierre Marteau, M. DCC. [1700]. Relié avec : Mémoires de Gaspard Comte de Chavagnac, Maréchal de Camp dans les Armées du Roy, Général de l'Artillerie, Sergent de Bataille de celles de Sa Majesté Catholique, et Lieutenant Général des Troupes de l'Empereur et son Ambassadeur en Pologne. (A Amsterdam, chez Jean Malherbe, 1700). Bel exemplaire relié à l'époque en plein vélin hollandais.

 

COURTILZ DE SANDRAS (Gatien) | Gaspard de CHAVAGNAC (?)

 

Mémoires de Mr. d'Artagnan, Capitaine Lieutenant de la première Compagnie des Mousquetaires du Rois contenant quantité de choses particulières et secrettes qui se sont passées sous le Règne de Louis le Grand.

 

A Cologne, chez Pierre Marteau, M. DCC. [1700] [Hollande]

 

4 feuillets non chiffrés, 564 pages et 8 feuillets non chiffrés de table.

 

Relié la suite :

 

Mémoires de Gaspard Comte de Chavagnac, Maréchal de Camp dans les Armées du Roy, Général de l'Artillerie, Sergent de Bataille de celles de Sa Majesté Catholique, et Lieutenant Général des Troupes de l'Empereur et son Ambassadeur en Pologne.

 

A Amsterdam, chez Jean Malherbe, 1700

 

6 feuillets non chiffrés et 504 pages.

 

2 ouvrages reliés en 1 fort volume in-12 (158 x 105 mm) plein vélin blanc à coutures apparentes (reliure hollandaise strictement de l'époque). Titre calligraphié à l'encre au dos (uniquement les Mémoires de d'Artagnan sont écrits à l'encre). Reliure très fraîche. Intérieur très frais. Petite piqûre de vers sans gravité.

 

Ce volume est particulièrement intéressant, car il rassemble sous une élégante reliure hollandaise de l'époque le premier tome des Mémoires de d'Artagnan, daté de 1700 et comprenant 564 pages avec table des matières, et les Mémoires de Chavagnac.

 

Ce tirage du premier volume des Mémoires de d'Artagnan est réputé être le premier, bien qu'il ne contienne que le premier des trois volumes publiés entre 1700 et 1701. Sa reliure témoigne du fait qu'à l'époque, les volumes suivants n’étaient pas encore parus. À la suite de ce tome, sont reliés les Mémoires de Gaspard de Chavagnac, également datés de 1700, ce qui éclaire la complexité de cette chronologie éditoriale. Il existe une édition en trois volumes tous datés de 1700, mais sans table des matières, ainsi qu'une autre où seul le premier volume, sans indication de tomaison, est daté de 1700 avec table, tandis que les deux suivants, datés de 1701, comportent aussi une table. Tout porte à croire que ce premier volume isolé, daté de 1700 et doté d'une table, a été publié en premier, suivi des volumes 2 et 3 en 1701. L'édition en trois volumes datés de 1700 mais sans table aurait été réalisée ultérieurement, probablement en antidatant les tomes 2 et 3. Un autre tirage de 1700, avec un titre imprimé en noir, est également connu. Enfin, la présence dans cette reliure d'époque des Mémoires de Chavagnac témoigne bien du fait qu'on les a attribué un temps à Courtilz de Sandras. Toutefois, on sait aujourd’hui que ces mémoires, publiées pour la première fois à Besançon en 1699, ne sont pas de sa main.

 

Le d’Artagnan historique, celui campé par Courtilz de Sandras et celui de Dumas qui s’en est inspiré ont quelques points communs : tous trois cadets de Gascogne, montant à Paris pour « prendre du service », devenant des mousquetaires courageux et fidèles. Charles Ogier de Batz naît vers 1612 à Castelmore près de Lupiac en Gascogne. Il entre vers 1633 dans la compagnie des mousquetaires, prend le nom de sa mère, d'Artagnan, et le titre de comte. En 1646, les mousquetaires sont licenciés et d’Artagnan entre au service de Mazarin parmi ses « gentilshommes ordinaires ». Sa fidélité au ministre et au roi pendant les troubles de la Fronde lui valent quelques missions délicates, qui révèlent son tact et son humanité, ainsi que des rétributions, comme la charge de capitaine des petits chiens du Roi courant le chevreuil… Lorsque les mousquetaires sont reconstitués, il devient lieutenant puis capitaine-lieutenant de la première compagnie en 1667. Maréchal de camp en 1672, il meurt au siège de Maastricht l’année suivante. (notice Musée de l'Armée).

 

Gatien Courtilz de Sandras (1644 -1712) suit une carrière militaire entre 1660 et 1679, passant notamment par les mousquetaires gris. Puis il se fait écrivain, rédigeant des mémoires apocryphes, notamment sur d'Artagnan, Mr de Rochefort, mais aussi des chroniques scandaleuses et des ouvrages politiques. Son œuvre reflète les ambitions et les frustrations de l’aristocratie encore féodale tenue en bride par l’Absolutisme. Sa liberté de ton le mènera d’ailleurs à la Bastille où il séjournera de 1693 à 1699. Dumas s’est largement inspiré de ces pseudo–mémoires pour écrire les Trois mousquetaires, Courtils lui fournissant les personnages d’Athos, de Porthos, d’Aramis ou de Milady et de nombreuses anecdotes. (notice Musée de l'Armée).

 

C'est sur l'édition de 1704 des Mémoires de d'Artagnan qu'Alexandre Dumas père s'est penché pour rédiger ses Trois Mousquetaires (1844) et sa suite Vingt ans après (1845). "Lors d’un voyage à Marseille où son ami poète Joseph Méry réside, Dumas cherche quelque lecture, ne pouvant rester oisif. À la bibliothèque, on lui prête « Mémoires de M. d’Artagnan », une édition de 1704. Quelle ne fut sa fascination pour l’ouvrage ! Sur la route de Paris, Dumas ne lâche pas le livre d’une page, si bien que la bibliothèque de Marseille attend toujours qu’il le rapporte !".

 

​Les Mémoires du comte Gaspard de Chavagnac offrent un aperçu détaillé de la vie militaire et diplomatique de Gaspard de Chavagnac (1624-1695), un officier et diplomate français. Ces mémoires couvrent la période de 1638 à 1681 et ont été publiés pour la première fois à Besançon en 1699. Gaspard de Chavagnac est né à Blesle en 1624. Il a servi comme maréchal de camp des armées du roi, général des armées de l'Empereur et ambassadeur en Pologne. Ses mémoires relatent ses expériences militaires et diplomatiques, offrant un éclairage sur les événements de son époque. Les Mémoires du comte Gaspard de Chavagnac, publiés en 1699 après sa mort, sont sujets à controverse quant à leur authenticité. Certains historiens suggèrent qu’ils pourraient être l’œuvre de Gatien de Courtilz de Sandras, connu pour ses mémoires apocryphes. Aucune version manuscrite antérieure à la publication n’a été retrouvée, ce qui alimente les doutes. De plus, le style et la structure de l’ouvrage rappellent d’autres mémoires fictifs de l’époque. En l’absence de preuves concluantes, ces mémoires doivent être consultés avec prudence et considérés comme un témoignage dont l’attribution reste incertaine. (voir compte rendu de la Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine Année 1900 2-2 pp. 186-187​, Mémoires de Gaspard, comte de Chavagnac (1638-1695), Edition originale de 1699, revue, corrigée et annotée par Jean de Villeurs, Paris, 1900, par Bourrilly Victor-Louis).

 

Références : Jean Lombard, Courtilz de Sandras et la crise du roman à la fin du grand siècle, 1980 (PUF) ; Woodbridge, Gatien de Courtilz : Etude sur un précurseur du Roman réaliste France (Puf, 1925)

 

Provenance : ex libris avec chiffre couronné non identifié (XVIIIe siècle). Voir photo.

 

Bel exemplaire de cette très intéressante et instructive réunion.

Les Mémoires de d'Artagnan (1700) | Courtilz de Sandras | Mémoires de Chavagnac

1 800,00 €Prix
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